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Le blog de Jacques Montaignac

Paroles, articles... par Jacques Montaignac

Association des Directeurs des Affaires Culturelles

Questions à Jacques MONTAIGNAC, Directeur Général de la Culture de la Ville d’Avignon, Vice Président de l’Association des D.A.C. des Agglomérations des Grandes Villes Françaises.



Article ou Réflexion sur l’Association des Directeurs des Affaires
Culturelles des Grandes Villes et des Agglomérations de France.
   


1°) Comment a été crée l’Association des Directeurs des Affaires Culturelles des Grandes Villes, son rôle et son action ? :


Crée en 1995 sous l’égide de Jean-Jacques ALLAIGON, alors directeur de la Culture de la ville de Paris et maintenant ancien ministre de la Culture, avec une quinzaine de nos collègues des grandes villes françaises. Dès cette époque Avignon fût fondatrice tout en étant la plus petite ville.

Elle fût choisie pour son dynamisme et la richesse de sa vie culturelle devant l’histoire des Arts. J’en suis actuellement le Vice-Président  depuis 2005, jusqu’en 2009.

Ces trois dernières années, ont vu croître le nombre d’adhérent, avec les agglomérations des grandes villes qui quelquefois ont pris la compétence de la culture, et les villes qui nous ont rejointes, cooptées par notre bureau.

Nous arrivons maintenant à 80 adhésions, toutes les grandes villes françaises en font partie, L’Association est devenue peu à peu, l’interlocuteur privilégiée de la quasi totalité  des Institutions Culturelles, dont le Ministère de la Culture, le CNFPT, la Fédération nationale des Communes de la Culture, l’ONDA, les DRAC, les Rencontres Européennes, nous sommes invités à participer à tous les colloques culturels, etc….

Notre rôle d’expertise est reconnu, puisque nous avons rédigé depuis, la Charte des Directeurs des Affaires Culturelles, utilisée comme référence par le CNFPT ; texte fondateur de notre métier.

C’est une sorte de code qui définit nos compétences et notre rôle. Des textes ont été ensuite produits, concernant notamment la politique du patrimoine des grandes villes, l’enseignement artistique, le Spectacle Vivant, les musiques actuelles, la décentralisation culturelle, culture et économie, etc…

Un de nos derniers rapport fondamental, concerne l’analyse de l’intercommunalité en matière de politique culturelle, dont il me semble, que la COGA (Communauté d’Agglomération du Grand Avignon) devrait largement s’inspirer.

Cette analyse repose sur un questionnaire de huit feuillets avec réponses de vingt sept villes, chef lieu d’agglomération qui l’ont remplies dans le détail.


2°) Vous organisez les Assises nationales des DAC, vous êtes déjà en réseau, à quoi cela sert-il ? :

En effet pour la première fois, notre Association va organiser à Annecy les premières Assises Nationales des (DAC) Directeurs des Affaires Culturelles, des régions, des départements ainsi que les DAC des grandes et moyennes villes françaises.

Ces Assises auront lieu sur deux jours « les 8 et 9 novembre 2007 », en présence de Christine ALBANEL, Ministre de la Culture, le président de région, le Maire d’Annecy, ainsi que celui d’Annecy le vieux Bernard ACCOYER qui est président de l’Assemblée Nationale, qui devrait clôturer nos débats


Ces Assises rassembleront autour de deux assemblées plénières, des tables rondes et des ateliers thématiques, en présence des intervenants nationaux. Elles permettront d’aborder la profession au cœur des politiques culturelles, c’est-à-dire, sa relation avec les élus, les professionnels, les créateurs, les partenaires publics, les artistes.

Ces journées vont permettre de réaffirmer le service public de la culture pour un public le plus large possible.

Dans l’organisation est venu nous rejoindre, « Culture et Département », l’Observatoire Culturel de Grenoble, l’idée est de nous rapprocher pour peser collectivement sur les décisions de la politique culturelle de la nation.

Nous partons d’un constat incontestable : Les collectivités territoriales financent 80% des dépenses de la culture, au sein desquelles les villes ont une place prépondérantes pour 54 % du budget global.

L’Etat se retranche de plus en plus derrière des fonctions quasi régaliennes en se consacrant aux grandes institutions et aux grands évènements médiatisés.

Ces assises permettront de poser les problèmes et de produire des actes publics autour d’enjeux d’actions culturelle, de création, de formation, de démocratisation de la culture,  enfin l’élargissement des publics.

L’aménagement des territoires est une véritable décentralisation culturelle.

Autant de problématiques qui sont partagées par nos Maires, nos Adjoints à la Culture et l’ensemble de nos collègues, Directeurs des Affaires Culturelles.



3°) Que pensez vous de la nomination de Madame Christine ALBANEL Ministre de la Culture et de l’existence controversée du Ministère de la Culture ? :


En premier lieu, je déplore le désengagement de l’Etat, mais qui ne date malheureusement pas d’aujourd’hui.
Il me semble qu’avant sa nomination, le ministère de la culture est rentré dans une logique gestionnaire au détriment des perspectives de la décentralisation, et de la démocratisation de la culture.

Je constate malheureusement que les enjeux culturels et la politique culturelle ont été absents des débats de l’élection présidentielle.

La place de la culture a été insuffisamment considérée, y compris dans les programmes des différents partis.

Le sujet fût abordé par le débat de la disparition d’un Ministère de plein exercice amalgamé dans un Ministère de l’EDUCATION NATIONALE élargi.

L’idée fondatrice d’André MALRAUX risquait l’anéantissement.

Je suis extrêmement reconnaissant à Madame Christine ALBANEL qui a lutté pour conserver un Ministère de la Culture en plein exercice, nous savons qu’elle a été fortement appuyée par l’écrivain Max GALLO et le conseiller culturel de l’Elysée Monsieur BENAMOU.

Ils ont obtenu ensemble du Président cette décision argumentant sur la perception très négative que les acteurs culturels auraient de cette  éventuelle fusion et la préservation de ce ministère en l’orientant davantage sur le sens, les enjeux et non sur des réorganisations administratives permanentes et contradictoires.




Madame Marie-Josée ROIG a eu la gentillesse de me la présenter  lors de son passage à Avignon, durant la période du Festival où je lui ai rappelé notre entrevu lors de  l’Assemblé Générale des «DAC » des grandes villes au Musée Carnavallet à Paris, alors qu’elle travaillait à la Direction Générale de la Culture de cette ville.

Nous avons donc espoir en sa pugnacité et à son action dans les partenariats, surtout qu’à la rentrée, l’Association des DAC souhaite participer même modestement au choix de la ville française en 2013, qui sera nommée Ville Européenne de la Culture, comme l’ont été avant PARIS, AVIGNON et LILLE.

Il reste comme nouvelles candidates : LYON, MARSEILLE, NICE, RENNES, SAINT ETIENNE, STRASBOURG, TOULOUSE.

J’ai aidé modestement mes collègues de certaines de ces villes avec l’expérience avignonnaise, j’avoue que ma préférence est différente de celle de Madame la Ministre qui est elle Toulousaine.